CONCERT ELATCHE DE FOFO SKARFO : DE L’HARMONIE ET DU TALENT À L’ETAT PUR SUR UNE SCÈNE TRADITIONNELLE

SORTIES

Le 13 Avril passé s’est tenu dans l’enceinte de l’Institut Français du Togo « Elatchè », le concert purement live de Fofo Skarfo, l’un des rappeurs Togolais les plus en vogue et qui traverse les époques avec une facilité déconcertante. C’était du feu le tout enveloppé dans une décoration purement tradi-moderne où les pailles, les feuilles des arbres côtoient avec élégance les écrans LED placés ici et là du podium projetant les meilleures vidéos de l’hôte de la soirée. Le décor est planté pour accueillir le dieu de l’évènement et pour en mettre plein les yeux aux spectateurs.

Il sonne 19 heures 50 minutes, le programme est bien dressé. Tout le monde s’impatiente de la montée sur scène de Fofo Skarfo. Mais ce n’est pas le moment. L’artiste et son staff sont dans les coulisses en pleine prière pour remettre la séance dans les mains du tout puissant comme quoi Dieu est le Directeur par excellence de toute activité.

20 heures : Il n’est pas facile de rencontrer un roi, il faut passer par des labyrinthes. Fofo Skarfo envoie sur scène un groupe de danse pour saluer la foule et leur annoncer son imminente montée sur scène. Toute la chorégraphie est opérée sur un fond sonore du titre par l’intro de 13 Janvier, l’album en date de Fofo. Après la danse, les musiciens s’installent pour offrir la meilleure soirée possible aux invités. Pendant ce temps, Fofo dans les coulisses annonce son arrivée avec le titre introductif « Ago’ooo » : il sonne 20 heures 10 minutes. Le public est en feu. Fofo vient de monter sur scène mais bien avant, il se déchausse ainsi que son backeur qui suit la même coutume.

Les dreadlocks attachés de côté, microphone sur la tige, mains posées dessus, le silence se fait maitre. La foule reste calme mais en alerte. La montée sur la scène se fait sous les ovations de la foule qui vient de rencontrer l’homme pour qui ils ont fait le déplacement : Fofo est sur scène et prêt à en mettre plein à la vue. L’artiste a décidé de commencé le show par la fin. Le concert commence effectivement par le morceau « Lignes de nos vies », dernier titre sur l’album. 3 minutes 13 secondes, c’est ce qu’il a fallu à la star pour évacuer ce titre dans une ambiance mélancolique avec la lumière qui le met en valeur. Lignes de nos vies, c’est des questionnements du genre « La vie ne tient qu’à un fil mais qui tient ce fil ? », c’est des certitudes comme « l’espoir fait vivre mais on ne peut pas vivre d’espoir sinon au Togo, on serait immortel… ».

 

Un cours instant pour saluer son public avant d’appuyer le mode lecture du titre « Khadafi ». Puis s’en suit sans doute son titre le plus connu depuis la sortie de son groupe La Source. Balle Perdue fait son entrée et enflamme la scène. C’est une communion entre trois partis : les musiciens, le public et l’artiste. Le morceau devient celui du public qui scande avec joie les paroles très accrochant de cette merveille. C’est la phase amour de l’album qui venait d’être enclenchée. « O Ma Lon Ma », « Zedeka » viennent mettre le mettre la foule en ébullition. Tout le monde est excité. Mais apparemment pas trop, il faut la montée du puissant et de l’incontestable King Mensah et l’interprétation du titre « Nobody » pour tout faire enflammer. Patience, maitrise et un peu de danse ; tous les ingrédients sont réunis pour libérer le lion qui gouverne le corps de ce dieu de la musique Togolaise. King Mensah semble très allumé lui aussi et pour remercier la foule d’avoir fait le déplacement, il interprète avec la plus pure des manières un de ses titres qui a eu le don d’émouvoir toute l’assistance.

Disponible depuis un moment sur toutes les plateformes de streaming et surtout remixé par un certain nombre d’artistes dont le slameur Mesko, le morceau Petit Pays, véritable montagne de questionnements face à une situation continuellement critique du Togo s’est vu approuvé par tous ceux qui l’ont écouté. Avec un clip mélancoliquement bien tourné, Petit Pays a de quoi faire réfléchir le Togo s’il était une personne. Petit Pays, c’est une réflexion du genre si tout allait bien dans ce petit pays de 56.600 km2, aucun Togolais ne voudrait aller se chercher ailleurs pire encore ‘’vendre le pays’’ au Chinois comme ce qui se dit tout en humour mais véridique au fond. Fofo Skarfo le sait très bien et pose mélancoliquement sur des notes monotones mais tristes. C’était justement le moment de faire faire une réflexion objective et justifiée à tous ceux qui sont présents. La surprise de la soirée était le remix de cette magnifique chanson par une certaine Eliza qui posa une voix magnifique et des paroles aussi touchantes que réalistes.

ELATCHE, ce n’est pas seulement le concert de Fofo Skarfo, c’est également celui de tous les artistes Togolais, celui de KanAa, celui de LEPAPARA, celui de LUNICK, de SANTRINOS RAPHAEL, de SITARA KLODY, des ZEBEGANG, des YAKNOU, de LAWSTAV et de pleins d’autres artistes qui ont été invités sur la scène et ont posé leur voix sur le magnifique instrumental de « Alolékéo ».

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